JOURNALISME FRANCAIS : LA QUESTION DE LA DEONTOLOGIE…

2 citations de Coluche qui font écho à l’actualité, à la perte de crédibilit du journalisme français :

« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques mais ils les répètent, c’est pire! »

« Les sondages, c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent. »

Le résultat du 1er tour des élections municipales (en étant bref : élections locales qui marque une victoire nationale (plus ou moins grande selon les sensibilités) de la Gauche sur la Droite) ramène encore une fois à la question de la crédibilité de l’information délivrée en particulier dans un contexte d’élections. Une question étroitement liée actuellement à l’exploitation, à l’impact du sondage servi à toutes les sauces …

Petit rappel Wikipédia : la déontologie journalistique

Théoriquement ce qu’on peut attendre des médias informatifs traditionnels c’est une information exacte (en tous cas au minimum honnête), en particulier, non altérée par l’opinion personnelle de ceux qui la délivrent. A la base n’ont ils pas devoir d’intégrité? Le cas de figure le plus grave, embêtant, dramatique (fait ton choix…) est celui où un journaliste veut dire au spectateur/lecteur comment il faut penser (appelé communément propagande). Dans ce but, il présente comme information vérité son point de vue personnel. Cas de figure qui gagne du terrain dans la télévision française. Constat navrant : comme de plus en plus de français je passe une partie de mon temps à recouper les infos, comparer les différentes sources pour être sûr que ce qu’on me raconte est vrai tant la confiance n’y est plus. L’expérience prouve que ce n’est pas inutile… Bien sûr, toute le monde y compris les journalistes a le droit d’avoir ses opinions. C’est normal qu’il y ait des médias ouvertement à gauche ou à droite, que chacun ait sa propre analyse sur les questions de société. Mais le fait que ce soit un avis personnel doit être clairement notifié, qu’il n’ait pas tromperie sur la marchandise . (film documentaire (= un point de vue), reportage (= informer avant tout) et même fiction (= raconter une histoire) étant allégrement mixés ces derniers temps…) Certains ont des positions pour le moins ambigues… Ce qui me rend vraiment perplexe c’est de voir des journalistes « girouettes »notamment dans le cadre du service publique!Le sondage définit-il la ligne éditoriale des rédactions? On est de façon récurrente dans la dictature de la mode, du bouc émissaire ou encore du côté du vainqueur… Des précédents illustrant le phénomène : on crache allègrement sur une minorité puis la mode changeant on veut la mettre en valeur de façon ostentatoire (en prenant au passage un autre bouc émissaire) mais avec une sincérité qui reste à démontrer ( le soit-disant désir de diversité étant « à la tête du client » et non pas, ce qui serait logique, pour tous (spéciale dédicace, bien sûr, aux asiatiques de France)). Tout récemment, dans un autre registre , les 30 ans de la mort de Claude François. L’anniversaire de sa mort est célébré régulièrement mais c’est cette année que tout le monde se jette dans le business « Claude François il était pas gentil »… Pourquoi tous la même année et pas aux 10 ans ou aux 20 ans…Réponse : parce que c’est la mode. .. Autre exemple, le cas Sarkozy : quand il gagne on assiste au défilé de journalistes lui passant la brosse dans le dos et quand il baisse dans les sondages les mêmes journalistes participent à la mode de l’Anti-Sarkozy primaire. L’adorer quand il gagne et le détester quand il perd, passer d’un extrême à l’autre surtout quand on a devoir d’informer c’est franchement « chelou ». Quelle belle mentalité en plus.

L’information est, de la sorte, complètement décrédibilisée, encore plus que dans le cadre d’une approche ouvertement partisane. « Dieu soit loué » comme dirait l’autre… ce n’est pas une façon de faire adoptée par tous, ce n’est pas (encore?) la règle. Mais le phénomène est loin d’être anodin tant il a pignon sur rue dans les principaux réseaux d’information en particulier audiovisuels. C’est la mode qui dirige l’information en France? Il est passé où le désir d’informer vraiment?

Le journalisme made in France est franchement mal placé pour donner des leçons au reste du monde en termes d’indépendance, de logique de propagande… d’ailleurs la France fait partie des états de l’Europe pointés du doigt pour tout ce qui tourne autour de la corruption …

8 Réponses à “JOURNALISME FRANCAIS : LA QUESTION DE LA DEONTOLOGIE…”


  • J’ai peur que la question de la déontologie des journalistes ne soit bien plus complexe et mouvante que la présentation que vous en faites…

    D’abord une information  » non altérée par l’opinion personnelle de ceux qui la délivrent », comme vous la demandez, existe-t-elle réellement ? C’est tout le débat entre objectivité et honnêteté, il est loin d’être tranché entre journalistes…

    Ensuite, qui dit que la déontologie des journalistes, les contraindrait à mettre leur opinion de côté ? Vous, vous le dites, j’entends bien. Mais où la déontologie des journalistes, elle, pose une pareille exigence ? Pour ma part, je ne lis ça nulle part, et bien des journalistes refusent votre point de vue…

    La déontologie des journalistes est posées par quelques textes professionnels (charte de 1918 notamment), qui n’ont aucune valeur obligatoire (c’est « à la discrétion » de chacun, selon sa conscience), et d’ailleurs, il n’existe aucun organe de sanction dans cette profession (contrairement aux avocats ou aux médecins par exemple). Et puis il y a des prescriptions qui relèvent de la loi (ne pas diffamer, par exemple) mais elles s’imposent à tous et pas seulement aux journalistes. En dehors de ça, c’est chacun qui voit…

    Par ailleurs, le travail d’étiquetage de l’information que vous demandez (« (film documentaire (= un point de vue), reportage (= informer avant tout) »), n’est-ce pas une manière dé-responsabilisante de traiter le public ? Un travail d’éducation et de réflexion face à l’information n’est-il pas aussi à faire par le public ? Ne demandez-vous pas du tout mâché ?

    Dit autrement : on s’informe, ou bien on est informé ? On reçoit l’information, ou bien on la cherche (et on la trouve) ? On peut rester passif face à une information, ou bien doit-on être actif, au moins actif intellectuellement ?

    Vous semblez avoir assez d’esprit critique pour vous être forgé votre propre opinion avec l’information que vous avez trouvé. Elle n’était donc pas de si mauvaise qualité que ça globalement, puisque vous vous y êtes retrouvé dans tout ce flux contradictoire, mouvant, partant dans tous les sens, qu’est l’information. Et si l’information est ainsi, c’est parce que le monde lui-même est comme ça. Non ?

  • Tout d’abord merci pour ce commentaire.

    Une information non altérée par l’opinion personnelle? Je vous accorde que ce n’est pas forcément évident.C’est le côté plus ou moins honnête, le désir initial que je mets en cause.Si le journaliste n’a pas désir d’imposer sa vérité, ce qui me semble faisable, ça me va. Informer c’est déjà ne pas mentir c’est aussi simple que cela.Une telle exigence va au delà du métier de journaliste, mais vu que c’est officiellement sa mission…

    Le journaliste a devoir d’informer et même si « C’est chacun qui voit », le caractère honnête et exact s’impose de lui même.De mon point de vue s’il ne travaille par à cela il ne fait pas bien son métier.

    Mon « travail d’étiquetage » comme vous l’appelez ce n’est rien de plus qu’un classement pour y voir clair.Mélanger tout cela c’est extrêment dangereux, le travail de Mohamed Sifaoui sur Alexandre Lebrun en témoigne… Le travail d’éducation et de réflexion est à faire par tous. Mais la responsabilité entre journaliste et spectateur/lecteur/auditeur n’est pas la même. Je ne demande pas du tout mâché, je demande du travail au moins honnête.

    L’esprit critique oui c’est bon à développer mais tout est une question de mesure et son esprit d’analyse il y a d’autres domaines où on peut l’employer. Il me semble logique que le citoyen n’ait pas à repasser après le boulot du journaliste.Ce n’est pas son métier.

    On s’informe ou on est bien informé? Si on s’informe et que le journaliste n’a pas à bien nous informer alors quelle est son utilité? Il suffirait de consulter les dépêches AFP et de faire son propre traitement. Il y effectivement un côté « mâcher le travail ». Mais n’est-ce pas ce que font logiquement chaque jour les journalistes? Actif oui, mais si on doit être suspicieux pour tout…

    Je m’y suis retrouvé dans ce flux contradictoire… vous êtes optimiste et j’aurais tendance à plutôt m’en accorder le mérite.Mais c’est vrai qu’au moins il y a matière à chercher, réfléchir. Cependant on ne peut pas prendre mon cas pour une généralité.

    Oui le monde est comme ça mais le monde est injuste comme disait l’autre.

  • 2 articles sur la déontologie en supplément :

    Quelle déontologie pour l’information en ligne :
    http://www.uzine.net/article506.html

    Questions de déontologie :
    http://www.liberation.fr/actualite/politiques/316697.FR.php

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